Burnout : un indicateur de perte de productivité de l’entreprise

Intervieweur :

« La question du burnout, avant d’être une question de loi et de règle, n’est-elle pas pour les entreprises et les salariés, une question de relations humaines au travail, tout en intégrant les nouveaux périmètres du monde de l’entreprise ? »

Docteur Bagot :

« Il est essentiel de réinventer de nouvelles structures et de nouveaux rapports au sein du travail. Ce que l’on constate en France, c’est que des patrons de très grandes entreprises ont été formés à une époque où on était loin de la révolution digitale. Leurs méthodes des managements ne sont plus en phase avec ces évolutions technologiques. Par ailleurs,  plus bas dans la hiérarchie de ces mêmes entreprises, on trouve une déstructuration de l’entreprise.

Certains aspects semblent positifs comme par exemple une plus grande souplesse et une plus grande flexibilité. Néanmoins, cela engendre des effets pervers avec un contrôle de plus en plus présent de la hiérarchie, avec de plus en plus de reportings, de mails, et ce qui a pour effet de générer beaucoup plus de stress chez les salariés.

Intervieweur :

« Donc pour vous, l’aspect hyper souple et très réactif des entreprises, du fait de l’instantanéité des nouvelles technologies, génère du stress, et de plus, les salariés qui naturellement ne parviendraient pas à mettre de limite, se retrouvent piégés par cette déstructuration de l’entreprise ? Ils ne parviennent plus à dissocier temps de travail, temps de repos, vie d’entreprise et vie privée.  »

Docteur Bagot :

« Dans le cadre de cette déstructuration appelée  » flexibilité »,  il faut retrouver des limites, car c’est la clé pour lutter contre le burnout. Imposer des limites, c’est pour chaque collaborateur la seule façon d’être respecté. Le respect vient de la limite et la distance que l’on met. L’enjeu pour les entreprises est à la fois de lutter contre le burnout et d’avoir des salariés flexibles et souples. »

Intervieweur :

« Ainsi le burnout est à la fois une question de responsabilité de l’entreprise, mais aussi du salarié. Les deux parties ne s’auto-alimentent-elles dans ces dérives ? »

Docteur Bagot :

« Certainement que la structure de l’entreprise, le profil psychologique et de maturité du collaborateur vont contribuer à créer le burnout. Personne n’est strictement responsable, mais on trouve néanmoins certaines entreprises qui auront des taux de burnout supérieur à ce qui se voit dans d’autres structures.

Ces entreprises doivent se poser des questions sur leur gestion du travail et du personnel, car le burnout ce n’est pas seulement un risque, c’est surtout un indicateur inverse de la productivité de l’entreprise. Des salariés en burnout ne peuvent plus enrichir l’entreprise de leurs compétences et de leurs savoir-faire.  »

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