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Burnout : Vrai Faux

questions burn-out

Le burnout est une nouvelle maladie. Faux

Le burnout a toujours existé. Par exemple Madame de Sévigné décrit l’état de burnout qui a causé la mort du célèbre cuisinier Vatel en avril 1671. Toutefois l’identification du phénomène de burnout est due au psychiatre Herbert Freudenberger à la psychologue Christina Maslach dans les années 1970.

Le burnout est différent de la dépression. Vrai et Faux

Si certains symptômes du burnout sont semblables aux symptômes d’une dépression, un épisode de burnout survient clairement dans un contexte particulier de pression professionnelle. Toutefois certains considèrent que le burnout est une forme de dépression réactionnelle.

La façon de diagnostiquer un burnout fait l’objet d’un consensus. Faux

Nous n’avons pas de critères faisant l’objet de consensus international pour diagnostiquer un état de burnout alors que c’est le cas par exemple pour un épisode de dépression. Les professionnels de santé se reposent sur des critères consensuels de diagnostic acceptés par l’Organisation Mondiale de la Santé pour poser des diagnostics. Le burnout ne se trouve pas actuellement dans la liste des diagnostics disponibles.

Le burnout est reconnu comme maladie professionnelle. Faux

Une des raisons pour laquelle le burnout ne serait peut-être pas reconnu de sitôt serait l’absence de consensus sur la façon de le diagnostiquer.

L’entreprise porte toute la responsabilité de la survenue de burnout chez ses salariés. Faux

Si l’entreprise a les moyens de prévenir le burnout, cet état se développe chez des salariés ayant des traits de personnalité particuliers qui les rendent hyperimpliqués. Un management compétent préviendra la survenue de burnout.

Le burnout est de plus en plus fréquent. Vrai

S’il est difficile de faire des études épidémiologiques, tous les professionnels de santé voient de plus en plus de burnout dans leurs consultations. Course à la productivité des entreprises, société qui favorise l’individualisme et la course à la réussite, peur du chômage : voilà sans doute quelques éléments du cocktail parfait pour une épidémie de burnout.

Le burnout est souvent pris en charge trop tard. Vrai

Le plus vite on lève le pied et le plus vite la situation peut se régler. Mais les personnes qui sont sujets à des burnout ne ressentent pas leurs limites, s’épuisent et ce sont souvent leurs proches qui s’inquiètent avant eux. C’est à contre cœur qu’il acceptent de se soigner quand ils sont épuisés.

Le burnout n’est qu’une grosse fatigue. Faux

Si la personne souffrant de burnout est généralement épuisée, deux ou trois semaines d’arrêt de travail ou de congés ne seront pas suffisantes pour la remettre sur pied. La fatigue n’est d’ailleurs pas le seul symptôme des personnes souffrant de burnout : elle est habituellement accompagnée d’insomnie, de troubles de la mémoire et de la concentration, de variations du poids etc…


Faire des burnout est un signe de faiblesse et l’entreprise devrait éviter d’embaucher de tels salariés. Faux

Le burnout survient généralement chez des salariés très impliqués dans leur vie professionnelle et enthousiastes. Ce sont généralement les profils de « bons élèves » qui sont touchés par le burnout. Il serait donc stupide que les entreprises se privent de ces salariés !

Le burnout est long à guérir. Vrai

Généralement il faut plusieurs mois pour remettre la personne sur pied. Cela peut paraître long mais le burnout est la résultante d’années de travail sous pression.

Seuls les salariés sont touchés par le burnout. Faux

Les professions libérales ou indépendantes sont aussi touchées : les professionnels de soins, médecins et infirmiers, ainsi que les avocats. C’est d’ailleurs dans ces catégories professionnelles que le burnout a été initialement décrit.

Le burnout peut conduire à la mort. Vrai

Les tentatives de suicide sont un des risques du burnout. La personne touchée se sent en échec, honteuse de son état, avec des capacités mentales qui lui semblent décliner… Les idées de mort peuvent survenir aisément dans un tel contexte.


Un burnout peut être suivi de rechutes. Vrai

Les mêmes causes entraînant les mêmes conséquences, si une personne qui a connu un burnout ne change pas, elle risque de rechuter. C’est particulièrement fréquent quand l’entreprise attend de son salarié des performances et un comportement similaires… Un changement d’entreprise, et surtout un suivi adéquat (par un psychothérapeute ou un coach…) peuvent contribuer à éviter les rechutes.

Quand on a un burnout il vaut mieux consulter un médecin. Vrai

L’arrêt de travail est bien souvent nécessaire pour se remettre d’un burnout. Le médecin ainsi crée une limite de protection que le salarié est incapable de respecter. Encore faudra-t-il que le salarié ne travaille pas chez lui !


Des traitements médicamenteux peuvent aider à guérir le burnout. Vrai

Si la personne en burnout ne retrouve pas ses forces au bout de quelques semaines d’arrêt de son activité professionnelle, la prescription de médicaments psychotropes peut être envisagée pour essayer de booster le rétablissement.

Questions sur le burnout

Questions sur le burn-out

Comment puis-je savoir si je suis en burnout ?

Cela fait longtemps que vous surmené et vous êtes tellement fatigué que plusieurs jours de vacances ne vous rechargent pas les batteries. Vous avez tendance au repli, vous ressentez une certaine lassitude vis-à-vis de votre travail. Vous vous trouvez moins efficace, votre mémoire et votre concentrations sont défaillantes… Vous ne vous reconnaissez plus et cela inquiète vos proches. Peut-être alors êtes-vous en burnout ? Ce quiz http://www.docteurbagot.com/quiz/ vous permettra de vous tester… Mais seul un professionnel de santé peut porter le diagnostic de burnout.

Certaines entreprises favorisent-elles le burnout ?

Oui on trouve dans certaines entreprises des terrains favorables pour le burnout. Cela peut être aussi le département d’une entreprise. Les licenciements et l’exigence générale d’augmentation de la productivité, la mise en concurrence des salariés les uns avec les autres, la rareté des bons managers : voilà autant de raison de la propagation du burnout.

Que faire quand on se sent dans un état pré-burnout ?

L’attitude rationnelle serait d’en parler à sa hiérarchie et si elle ne vous écoute pas au service du personnel ou au médecin du travail. Néanmoins beaucoup de personnes en état de pré-burnout ou de burnout avéré continuent leur course à la performance ou n’en parlent pas par peur de remettre en cause leur image dans l’entreprise.

A qui s’adresser quand le burnout est avéré ?

L’attitude la plus fréquente est d’en parler au médecin généraliste. SI certains sont alertés sur ce qu’est le burnout, d’autres semblent démunis. Souvent un généraliste donnera des arrêts de travails trop courts pour un patient atteint de burnout (si toutefois celui-ci est prêt à s’arrêter !). Secondairement le médecin généraliste ou le médecin du travail peut adresser la victime de burnout vers un « psy ».

A qui faut-il s’adresser comme psy : un psychiatre ou un psychologue ?

Un psychiatre est un médecin spécialiste tandis qu’un psychologue ne l’est pas. L’un et l’autre peuvent être de bons spécialistes du burnout, c’est-à-dire pour pointer les mécanismes psychologiques qui ont provoqué l’apparition de cet état de burnout, et mettre en place une thérapie qui permettra de corriger les points de fragilité et les conséquences traumatiques du burnout. Mais seul le psychiatre peut prescrire des arrêts de travail nécessaires, et prescrire des médicaments par exemple pour faciliter le sommeil et booster la récupération. Donc en cas de suivi par un psychologue, le rôle de prescripteur d’arrêt de travail et de traitement devra être assumé par le médecin généraliste.

A quoi sert l’arrêt de travail dans les situations de burnout ?

Malheureusement l’arrêt de travail est très souvent nécessaire chez les personnes atteintes de burnout : elles se sont épuisées au travail et il n’y a pas d’autre choix que de les mettre au repos. Cet arrêt de travail sera utile que dans la mesure où le patient atteint de burnout joue le jeu : un arrêt de travail ne doit pas être du télétravail : donc coupure du portable professionnel et on ne consulte pas ses mails professionnels. L’arrêt de travail doit permettre la régression progressive des symptômes : souvent 3-6 mois peuvent être nécessaires. Ensuite un arrêt de travail à temps partiel peut être prescrit pour une reprise de l’activité professionnelle à mi-temps : ce qui permet de se tester tout en apprenant à respecter les limites horaires. L’arrêt de travail à temps partiel est souvent un signe symbolique fort pour l’entreprise qui lui signifie que le salarié est encore en convalescence.

Est-il vraiment nécessaire de prescrire des médicaments dans les états de burnout et quels traitements prescrit-on habituellement ?

Si un arrêt de travail a été prescrit et que la personne souffrant de burnout ne ressent pas d’amélioration au bout de 2-3 semaines, des traitements antidépresseurs sont susceptibles de booster le rétablissement. Cela ne veut pas dire que la personne était déprimée. Mais ces médicaments créent une sorte de distanciation, une atténuation des phénomènes anxieux, et un renouveau de l’énergie qui peuvent contribuer au rétablissement.
Si un arrêt de travail n’a pas été prescrit et que donc la personne souffrant de pré-burnout ou burnout est toujours au travail, cette distanciation et cette reprise d’énergie pourront peut-être faire éviter l’arrêt !
En plus des antidépresseurs, peuvent être indiques des médicaments pour favoriser le sommeil ou pour diminuer l’anxiété. Ces traitements doivent bien-sûr être prescrits par un médecin spécialiste du burnout.

Je suis en arrêt de travail et j’ai peur de retourner à mon travail : est-ce normal ?

Souvent une personne en burnout aura une peur quasi-phobique de son lieu de travail. Ce sera même difficile de passer dans le quartier où est son entreprise, ou dans le quartier où elle risque de rencontrer ses collègues. A part cette réaction, elle se sentira bien, même tout à fait rétablie… Que faire ? Certains abords psychothérapiques (comme l’EMDR) peuvent atténuer cette réaction phobique. Avant la reprise du travail, un rendez-vous avec l’employeur dans un lieu neutre peut être organisé. Dans certains cas, on se dirigera vers une rupture du contrat de travail.

Quels sont les aspects négatifs de l’arrêt de travail ?

L’arrêt de travail est souvent nécessaire car la personne atteinte de burnout ne peut pas s’empêcher de s’épuiser au travail. L’aspect négatif peut être dans un premier temps une amplification de la symptomatologie dépressive : la personne est perdue, elle n’a plus aucun cadre, elle est en état de « sevrage » de son hyperactivité, comme un toxicomane sans sa drogue. Pour cette raison, je recommanderai toute activité douce qui puisse l’occuper et se faire sentir bien physiquement : comme par exemple des séances de balnéothérapie, des massages etc… Quand la personne se ressent un peu plus active, il lui serait bénéficiaire de se livrer à une activité artistique : dessin, sculpture etc… Malheureusement dans certains pays comme la France, si on est « malade » on est très passif en attendant que la médecine vous guérisse. Ces activités complémentaires sont proposées dans toutes les clinques suisses qui s’occupent du burnout par exemple. Elles ne sont prises en charge par aucune mutuelle ou assurance complémentaire, ce qui est un frein supplémentaire pour les patients français.

Faut-il se reconvertir professionnellement quand on a fait un burnout ?

C’est un fait que beaucoup de personnes en burnout pensent à se reconvertir professionnellement. Quand ils ont récupéré leur énergie et leur créativité, ils ont l’impression qu’ils se sont mépris et qu’il est temps d’envisager une autre voie professionnelle. A ce moment-là ils peuvent être aidés par des bilans de compétence.

Le burnout atteint-il les jeunes salariés ?

Je vois beaucoup de patients atteints de burnout entre 25 et 35 ans. Une des raisons est qu’ils n’ont pas changé leur rôle de « bon élève », ils n’ont pas pris conscience du jeu politique de l’entreprise, ils ne savent pas mettre de limite à leur implication. Ils sont aussi supervisés par des personnes à peine plus âgées qu’eux qui peuvent avoir un style managérial assez agressif.

À qui s’adresser quand on souffre de burn out ?

Docteur Bagot :

« Qui sont les autres acteurs du burn-out en dehors de la ligne managériale? »

« À qui le salarié qui souffre de burn-out peut-il s’adresser»

« Il peut s’adresser au médecin du travail. Celui-ci peut l’aider et bien souvent je vois des gens qui arrivent dans mon cabinet sur préconisation du médecin du travail. Cela dépend de la surcharge de travail du médecin du travail et de son implication »

« Il y aurait théoriquement les syndicats, j’entends dire que les syndicats négocieraient avec les directions des accords au point de vue des risques psychosociaux, néanmoins, cela fait des années que je pratique et que je soigne des salariés qui souffrent de burn-out et dans toute ma carrière je n’ai jamais vu quelqu’un qui ait été défendu ou accompagné dans le cadre d’un burn-out par les syndicats. Où sont les syndicats? C’est-à-dire autrement que pour aller négocier avec les directions. Au point de vue individuel, je les trouve singulièrement absents»

« Syndicats et médecin du travail, certes, mais il y a aussi les acteurs extérieurs à l’entreprise. La personne qui souffre de burn-out peut aller voir son généraliste. Souvent nos confrères généralistes sont sensibles à la question du burn-out et font des arrêts de travail mais qui sont généralement assez courts. Ils ont peut-être peur d’être pris en défaut par la Sécurité sociale et ils considèrent que cela est suffisant. De plus, la plupart du temps la personne souffrant de burn-out est résistante à l’arrêt de travail, elle ne veut pas s’arrêter! Donc le généraliste établi un arrêt d’une semaine au bout duquel la personne repart travailler et rechute assez rapidement. »

« C’est souvent à un stade très critique qu’ils se tournent alors vers un spécialiste. Les psychiatres font souvent des arrêts plus longs. La démarche d’aller voir un psychiatre est difficile pour quelqu’un en burn-out. Ils ont la petite image de « je ne suis pas fou! » »

« Lorsque je reçois un patient en burn-out quasi systématiquement je mets un arrêt de travail assez long malgré sa résistance. Placer le patient en burn-out en situation d’arrêt de travail protège le patient et lui donne une distance vis-à-vis de la structure et de la situation pathogène qui l’a mis dans cet état-là. »

« La règle c’est que l’on met à distance et l’on observe. La mise à distance permet petit à petit à l’énergie de revenir. Il faut être particulièrement patient car cela ne revient pas si vite car souvent car cela s’est développé durant des mois voir un à deux ans. La personne en burn-out voudrait que cela aille plus vite. »

« Pour que ça aille plus vite, il faut que le patient accepte la prescription d’antidépresseurs mais il y a là souvent aussi de la réticence. Au bout de 3 à 4 semaines ils finissent par s’y résoudre lorsqu’ils s’aperçoivent qu’ils ne vont pas mieux. »

« Arrêt de travail, psychotropes et parvenir à leur faire prendre conscience de ce qui les a fait chuter. Peut-être ce schéma du bon élève, sur la distance et les limites qu’ils ne mettent pas aux tâches qui leur sont confiées? Sur la place réelle que doit avoir le travail dans leur vie. Sur le fait qu’ils ne doivent pas tout donner à l’entreprise surtout si c’est pour négliger leur vie privée. »

« Le psychiatre les accompagne pour avoir une visibilité sur ce qui s’est passé afin d’éviter une rechute. Les salariés en burn-out ne sont pas demandeurs de thérapie, ils sont en face de nous parce qu’ils n’ont plus le choix. D’autant que la psychothérapie remet en cause leur schéma préétabli de la relation au travail. »

« Enfin dans les intervenants extérieurs il y a aussi l’avocat. La question de quelqu’un qui a fait un burn-out c’est sa réintégration dans l’entreprise. Sauf qu’une entreprise et les structures ont du mal à changer. Donc parfois il n’est pas possible pour le salarié en burn-out de réintégrer la structure dans laquelle il travaillait. L’avocat permet donc de proposer au salarié en burn-out des axes d’actions et de négociations pour partir de l’entreprise. L’avocat va permettre au salarié en burn-out d’être moins impuissant face à son entreprise. Il voit qu’il peut se défendre et l’avocat rappelle que l’entreprise a une obligation de protéger le salarié dans son intégrité physique et mentale. »