La sociabilité dans la quête du bien-être

sociabilité et quête du bien-être

La sociabilité est la capacité d’établir et de maintenir des contacts avec ses congénères, de créer des liens pouvant se transformer en relations stables, de se bâtir des cercles de relations, d’amis ou de proches.

La sociabilité fait intervenir toute une série de compétences permettant de rentrer dans le jeu social : capacité de se présenter de façon « agréable », possibilité d’initier puis de maintenir une conversation, intelligence situationnelle permettant d’identifier les codes sociaux des interlocuteurs, empathie, envie de partager et de communiquer, confiance en soi et assertivité, gestion des conflits etc…

La personnalité est un élément clef de la sociabilité

Ainsi les traits de personnalité pathologique sont souvent handicapants : un « paranoïaque », un « narcissique » ou un « antisocial » ne sont pas des relations de tout repos !

Par ailleurs, les affections psychiatriques peuvent remettre en cause les capacités de sociabilité d’une personne habituellement bien insérée : le dépressif ou le salarié en burn-out aura tendance à s’isoler, ainsi les patients atteints de dépendances ou de troubles des comportements alimentaires. La survenue d’un retrait inhabituel est d’ailleurs un signe qui doit alerter l’entourage et faire évoquer un problème…

Considérer la sociabilité dans son contexte culturel

On retrouve des éléments éducatifs : une éducation rigide, des personnalités parentales elles-mêmes très peu affirmées ou au contraire écrasantes.

Certains groupes ont tendance à en favoriser l’éclosion en poussant au développement des compétences nécessaires chez leurs rejetons : organisation de fêtes, scoutisme etc ; ou plus tard en soignant leurs réseaux professionnels, voire « mondains ».

L’origine peut jouer comme le fait de partager un même héritage, comme chez les arméniens installés en France, ou une même pratique religieuse comme chez les communautés juives sépharades.

La sociabilité rend le « soutien social » possible

La notion de soutien social englobe la situation familiale, statut conjugal y compris ; l’appartenance à un groupe, une association, un syndicat ou une église ; le soutien des collègues et de la hiérarchie ; un sentiment général de solidarité dans la culture ou dans la société.

Le « soutien social » est un « modérateur » du stress

C’est-à-dire qu’à niveau de stress égal, il en atténuera les conséquences. Un exemple : lors du passage à l’économie de marché après 1989 en Europe de l’Est, les programmes de privatisations rapides ont été accompagnés par une augmentation de la mortalité de 12,9 % chez les hommes mais dans les pays où les habitants étaient largement membres d’une « organisation sociale » cet impact fut très atténué.

Malheureusement le sentiment de solitude ne fait que progresser dans nos sociétés et chez les jeunes particulièrement.

Une étude récente montre que 49 % des jeunes français (18-24 ans) ont soufferts de solitude « souvent » ou « parfois » en 2014 (39 % pour l’ensemble de la population) : une augmentation de 16 % par rapport à 2010 !

Mise en compétition à l’école puis en entreprise, familles de plus en plus fragiles, idéologie qui fait d’une recherche narcissique de « bonheur » la quête ultime, baisse des pratiques religieuses : les raisons de cet individualisme galopant sont nombreuses, et elles ne sont pas compensées par l’illusion des réseaux internet, bien au contraire !

Seuls 16% des français voit en internet un « acteur efficace » pour améliorer la solidarité.

En conclusion la sociabilité d’une personne est un bon indicateur de son équilibre mental, et ceci d’autant plus que la sociabilité protège contre les conséquences du stress. Développer et maintenir ses capacités de socialisation au cours de la vie doit rester une priorité pour chacun.